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Tribune libre du 2 janvier 2019 de Muriel COATIVY, conseillère régionale Auvergne Rhône-Alpes

Le discours de vœux 2019 d’Emmanuel Macron a insisté sur les problématiques écologiques d’aujourd’hui qui doivent être au cœur de nos préoccupations de demain afin de « bâtir les nouvelles sécurités du 21ème siècle ». Il faut « innover sur le plan environnemental » […] pour « porter le projet d’une écologie industrielle »  et « retrouver la maîtrise de notre vie », notamment quant à nos choix alimentaires.

Réchauffement climatique, pollution des eaux et de l’air, épuisement
des ressources naturelles, dégradation de notre biodiversité,
appauvrissement de nos sols, alimentation nocive, etc.

L’explosion démographique, la mondialisation et la recherche effrénée
d’une croissance économique toujours plus forte sont les principaux
facteurs de ces dérèglements environnementaux. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes ; le 1er août de chaque année, l’humanité a épuisé toutes les ressources que la Terre peut produire en un an.

Au cours des cinq mois restant, nous détruisons notre capital vivant.
Toute politique nationale doit dorénavant porter le projet d’une France
protégeant ses mers, ses eaux, ses terres, sa faune et sa flore qui
sont notre patrimoine commun et nous permettent tout simplement de
transmettre la vie.

Pour aboutir à cet objectif commun, aujourd’hui, deux visions
politiques s’affrontent : celle d’une écologie industrielle au service
de la mondialisation prônée par Emmanuel Macron et celle d’une politique
environnementale locale respectueuse des intérêts nationaux défendue
par Marine Le Pen et le Rassemblement National.

En fait, nul ne veut renoncer à la croissance économique et ce, même
si E.Macron l’a affirmé lui-même ce lundi 31 décembre, « le capitalisme
ultralibéral et financier va vers la fin ». Alors, malgré l’épuisement
des ressources naturelles qui condamne à court terme ce système, nos
hommes politiques nous embobinent avec la notion de croissance verte
pour nous expliquer que l’on va pouvoir continuer, sans la moindre
perturbation dommageable, à produire plus pour consommer plus, dans un
objectif de justice sociale pour que tous les hommes de cette planète
puissent en profiter. Pour cela, ils nous vendent des concepts savants
comme la résilience écologique, l’énergie verte ou l’efficience
énergétique.  En pratique, les intentions des uns sont balayées par les
actions des autres et les grands engagements pris à l’international par
nos dirigeants se retrouvent balayés par les réalités de terrain au
national. Bref, la notion de croissance verte est une vaste fumisterie
pour nous dire que demain tout sera sous contrôle alors, qu’en fait, la
situation nous échappe chaque jour davantage.

Comment Emmanuel Macron peut-il, sans nous mentir, « bâtir les nouvelles sécurités du 21e siècle »  et « retrouver la maîtrise de notre vie » ?

  1. En abandonnant notre sécurité et notre indépendance alimentaires aux
    nouvelles normes des traités de libre-échange comme le Tafta, le Ceta
    ou le Mercosur ?
  2. En bradant notre sécurité énergétique par la privatisation de nos
    barrages hydroélectriques et la fermeture de nos centrales nucléaires ?
  3. En condamnant notre sécurité d’emploi et de pouvoir d’achat par
    l’ouverture des frontières aux travailleurs détachés et à la concurrence
    déloyale ?
  4. En signant, au nom du développement durable, le pacte de Marrakech,
    pacte mondial sur les migrations, favorisant la submersion migratoire de
    la France sans faire le choix politique de résoudre notre propre
    déficit démographique en favorisant une vraie politique nataliste ?

Emmanuel Macron nous ment. Ces sécurités ne pourront pas être
assurées dans ce Nouveau Monde sans croissance, là où la baisse du
pouvoir d’achat va devenir la règle. En tout cas, pas pour l’ensemble
des citoyens français.  Et la colère des Gilets Jaunes montre combien
les Français en ont aujourd’hui conscience. La France doit retrouver sa
liberté de décider, sa liberté d’entreprendre, sa liberté d’innover pour
construire la France durable et autonome de demain.  Il ne s’agit pas
de nier la mondialisation. Il s’agit d’y porter nos couleurs. Il faut
oser sortir du moule de la mondialisation pour retrouver notre politique
d’exception qui a fait la grandeur de la France. Mettons nos propres
moyens sur la table, aussi limités soient-ils, mais tangibles, pour
retrouver notre souveraineté et sauver notre patrimoine.  Ces grands
projets d’indépendance énergétique et d’excellence environnementale, « à
la française », seront créateurs d’emplois et d’exportations.

Soyons lucides. Toutes les énergies ne sont pas inépuisables et, sans
énergie, point de croissance. Parce que l’espace de jeu collectif se
réduit un peu plus chaque année, nous devons urgemment réapprendre à
produire et consommer mieux et local.

Pourquoi importer des biens de consommation fabriqués à des milliers
de kilomètres par des esclaves pour les vendre à des chômeurs alors que
nous pourrions les produire en local ? Les notions de priorité
nationale, protection de nos frontières, protection de notre économie,
protection de notre sécurité alimentaire, protection de nos moyens de
production énergétique doivent primer sur tout le reste. Bien sûr, pour
sortir du consumérisme qui nous fait croire que nous pouvons tout
posséder à moindre coût, nous devons réapprendre à trouver normal de
payer plus cher les objets, d’en avoir moins, de ne pas s’attendre à ce
qu’ils soient remplacés dans l’heure par un objet toujours plus
performant et moins cher. Nous devons redonner du pouvoir d’achat aux
consommateurs français pour qu’ils puissent acheter les produits au
juste prix. Et en luttant contre l’obsolescence programmée, nous
achèterons moins, nous jetterons moins, nous polluerons moins. Nous
devons changer nos comportements pour une France non plus jetable, mais
durable.

Restons innovants, réactifs en fonction de l’avancée de la recherche
qui doit être la priorité de notre politique environnementale.
Donnons-nous les moyens de l’inventer aujourd’hui, sans nous fourvoyer
dans de coûteux et inutiles projets européens et/ou internationaux à
l’impact écologique négatif et qui se font au détriment de l’intérêt
collectif français. Retrouvons notre souveraineté environnementale pour
protéger efficacement notre belle France et tous ses habitants, dans le
respect de nos traditions et des spécificités de nos territoires.